Romans

A

Jean-Pierre ALBERTINI (2020), Mourir au Bataclan, Mareuil Éditions (205 pages)

Dans ce récit, parsemé de références littéraire et musicale, un père raconte la perte de son fils au Bataclan et la véritable enquête qu'il a dû mener pour comprendre les circonstances exactes de son décès. Cette perte a constitué une véritable déflagration pour toute sa famille.

Ce portrait tendre et solaire d'un jeune homme, père d'un petit garçon de 5 ans arraché à la vie, est un bel hommage aux victimes et à leurs proches

(Pêche de Noëlle ROCCHI / 10 décembre 2020)

APULÉE (2019), L'Âne d'or ou les Métamorphoses, Gallimard Folio (320 pages)

En l’an 161 Un âne, regarde vivre les hommes et les femmes au temps de Marc Aurèle. Du fond du moyen âge, de la renaissance jusqu’à nous, l’Âne d’or nous chatouille l’imagination et notre raison. Et ces ânes braient encore dans notre mémoire occidentale… les aliborons de La Fontaine, le Cadichon de la mémé de Ségur, L’Âne culotte d’Henri Bosco… et le Balthazar de Bresson. Ils  ne craignaient pas les métamorphoses comme le roi Midas ou Pinocchio… Mais nous avons tous su ou connu quelques cancres affublés du bonnet asiniforme.

Vous en conviendrez ce voyage s’inspire du mythe platonicien, de Phèdre, est là… Il faut que l’âme individuelle « meure » pour apercevoir la réalité… Il faut renaitre à travers les épreuves et enfin s’élever. Tous les dangers sont là dans la geste. Un vrai régal et comme dit Victor Hugo : « Écoutez la façon dont l’homme fait hi-han ».

(Pêche de Jacques CULLIER / juillet 2019)

Metin ARDITI (2013), Le Turquetto, Actes Sud (288 pages)

Elie, le jeune héros nait à Constantinople au XVIème siècle de parents juifs réfugiés suite à leur expulsion d’Espagne. Sa condition de juif pauvre lui interdit l’accès à la peinture. Dessinateur surdoué il sait que sa vie passera par la peinture, seul la fuite à Venise pourrait lui permettre d’y accéder. Devenu citoyen vénitien, il deviendra un peintre de génie, reconnu et adulé par tous jusqu’au jour où……..

Le tableau du Titien sur lequel s’est basé l’auteur pour décrire cette vie tourmentée et bouleversante par bien des points existe bel et bien : il est au Louvre à Paris. Alors ? histoire fausse qui ressemble à une vraie ou l’inverse ???
Avec Elie nous découvrons des personnages bigarrés, grandioses ou minables, intègres ou corrompus du Bazar de Constantinople aux ruelles puantes de Venise.

(Pêche de Claudine DUBLOIS / novembre 2019)


B

Muriel BARBERY (2020), Une rose seule, Éditions Actes sud, (157 pages)

Rose, une jeune botaniste vient d’arriver à Kyoto pour l’ouverture du testament de son père japonais, qu’elle n’a jamais connu. Avec elle, pendant quelques jours, nous partons à la découverte de cette ville, guidés par Paul, l’associé de son père.

Au fil des visites de temples, de jardins, de contes et légendes, l’auteur nous immerge dans la culture japonaise, complexe et délicate pour de belles rencontres. 

Un parcours poétique, à la manière du haïku du poète Kobayashi Issa : "Nous marchons en ce monde / sur le toit de l’enfer / en regardant les fleurs". 

(Pêche numérique de Florence COSTE / 28 octobre 2020)

Loris BARDI (2020), La position de Schuss, Éditions Le dilettante (221 pages)

La position de Schuss est requise lors de l’examen radiologique du genou. En ski, la position de Schuss permet une descente vertigineuse des pentes abruptes.

On assiste dans ce premier roman de Loris Bardi à la descente tout schuss d’un chirurgien orthopédique réputé de la jet-set new-yorkaise, lorsqu’il souhaite concrétiser une nouvelle étape de sa vie en devenant écrivain. C’est une comédie mordante et désenchantée dans les milieux de la santé et des arts où se mêlent « luxe, luxure et luxations”.
(Pêche de Claude KUFFER pour le Forum des associations / 5 septembre 2020)

Bertrand BELIN (2019), Grands carnivores, POL (171 pages).

Dans cette fable à l’humour goguenard, nous suivons aussi bien deux frères complètement opposés qui se méprisent royalement, que des carnivores qui se sont échappés d’un cirque récemment installé dans la ville. Un climat de peur, de peur de l’autre, de méfiance s’y installe insidieusement. Bien évidemment on retrouve de nombreuses allusions politiques mordantes qui renvoient au climat social actuel. On ne peut que se régaler en dévorant ce roman au style singulier et ciselé et au rythme musical envoûtant. 

(Pêche de Claude KUFFER / mars 2019)

Olivier BLEYS (2020), Mon nom était écrit sur l’eau, Denoël (240 pages)

L’auteur raconte l’histoire de l’entreprise familiale des pompes-funèbres Spautz, installée au Grand-Duché de Luxembourg. Le père ayant été foudroyé le jour des premiers pas d’Amstrong sur la lune, les enfants sont initiés très tôt aux métiers funéraires. Mais le fils n’a pas nécessairement la vocation de thanatopracteur. S’en suivent évidemment bon nombre de cadavres et de drôles d’anecdotes.
Un roman plein d’humour, décalé, souvent satirique et caricatural, qui se lit vite et avec plaisir.
Dans cette période difficile, ça fait du bien de pouvoir sourire malgré le sujet sérieux et souvent encore tabou.
(Pêche de Claude KUFFER / 10 décembre 2020)

Alain BLOTTIÈRE (2020), Azur noir, Gallimard (160 pages)

Quel magnifique roman, qui nous fait revivre 150 ans plus tard l’histoire mouvementée qu’ont vécue Verlaine et Rimbaud à Montmartre. À travers les yeux de Léo, un jeune homme de 17 ans comme Rimbaud en 1871, habitant la maison des beaux-parents de Verlaine. Léo est frappée de cécité hystérique intermittente et est en quête de repères. Il se perd dans la réalité des deux poètes maudits. Leur histoire devient sa réalité, leur histoire se renouvelle.

 

Le roman est aussi magnétique que le regard de Rimbaud, qu’on a pu admirer dans l’exposition d’Ernest Pignon-Ernest au Palais des Papes. Image de Rimbaud que l’artiste a collée sur les murs de Paris et Charleville-Mezières en 1978, « la pauvreté et la vulnérabilité du papier restituant la fragilité de l’instant poétique, l’éphémère. »

(Pêche de Claude KUFFER / Février 2020)

Stéphanie BODET (2019), Habiter le monde, Gallimard (288 pages).

Un roman qui se lit avec une perpétuelle envie d'aller plus en avant dans l'histoire humaine qu’il peint. Il relate avec simplicité et authenticité les liens du coeur qui peuvent être partagés au cours de la vie. Sa lecture est plaisante et les mots dansent sous nos yeux pour le régal du lecteur. Ce roman éclaire la beauté de notre environnement qu'il soit citadin ou, dans la nature. De plus, au travers de l'escalade, domaine d'excellence de l'auteur, il met en évidence une facette d'un certain Art de Vivre. Les sentiments éprouvés par les personnages s'appuient sur une bienveillance à l'autre ; cette relation humaine est un essentiel du roman. La lecture de ce roman est une belle évasion de notre quotidien, une réelle détente et, un voyage inattendu, notamment dans la Vie.

(Pêche d'Élisabeth BILLIOQUE / mars 2019)

Jérôme BONNETTO (2020), La certitude des pierres, Inculte/Dernière Marge (194 pages)

Jérôme Bonnetto nous raconte l'histoire d'un  petit village isolé perché dans la montagne. Un village de chasseurs, d’un clan de chasseurs de père en fils, avec Joseph leur chef, gardien des traditions. Et puis, il y a Guillaume, un jeune homme qui va installer une bergerie dans ce lieu reculé et paradisiaque. Il est courageux, bosseur et ne craint pas de tenir tête à tout le village. Sa bergerie s’agrandit d’année en année, des chèvres, des moutons choisis avec soin, l’affaire marche bien, sauf qu’elle est située au-dessus de la maison de Joseph et que les moutons paissent sur des terrains habituellement dédiés à la chasse au sanglier. Et ça pose évidemment problème à Joseph, car la montagne c’est chez lui, et en fait on était là avant. Sans porter jugement, l’auteur décrit l’intérieur même des personnages, le mécanisme de la violence, la loi du silence et poids de l’orgueil écrasant.

Un petit bijou sombre à l’écriture maitrisée et superbe.

(Pêche de Claude KUFFER / 11 avril 2020)

Jessie BURTON (2020), Les secrets de ma mère, Gallimard (504 pages)

1980. Élise et Constance, écrivaine célèbre, se rencontrent dans un parc de Londres et se séduisent. Elles partent à Los Angeles où un roman de Constance doit être adapté au cinéma. Là bas leur relation s'étiole. Elise aura une relation avec Matt dont naitra Rose. Puis elle s'enfuira et disparaitra.

2017 Rose en quête de sa mère se fera engager chez Constance sous un faux nom....

J'ai aimé ce livre pour ce qu'il dit de la subtilité et de la complexité des relations humaines.

(Pêche numérique de Brigitte SEYDEN / 28 novembre 2020)


C

Albert CAMUS (2013), Le premier homme, Gallimard, coll. Folio (384 pages)

Ce roman autobiographique devait être le premier volume d’une trilogie inachevée, stoppée par l’accident avec Gallimard en 1960. C’est d’abord la quête des origines Minorquines de Camus et la lecture du nom de son père inconnu sur la plaque dans un cimetière militaire de Normandie « au milieu des tombes prétentieuses et laides» . Lui reviennent alors les mots paternels tant de fois répétés «un homme ça s’empêche, un homme ne peut pas tout se permettre ». Camus nous offre un long travail de maturation où il se raconte enfant parmi ceux qui partagent une existence simple et en famille dans le quartier populaire d’Alger, école, camarades, enseignants, amourettes, engagements, débrouilles. Au fil des pages l’auteur glane des informations pour faire parler ceux qu’il a côtoyés et qui n’ont pu s’exprimer. C’est un exercice de recherches filiales et des liens entre sa famille et lui-même. Dans cet ouvrage Camus règle ses comptes avec les critiques subies, avec Sartre et les hiérarques communistes par un désaveu de l’Histoire qui globalise.

(Pêche de Jean-Louis DAVY / 11 avril 2020)

Fabrice CARO (2020), Broadway, Éditions Gallimard, Coll. Sygne (193 pages)

Axel, 46 ans un boulot, une femme, 2 enfants, une maison dans un joli lotissement, des barbecues avec les voisins, un projet de paddle  à Biarritz... petit bémol : arrive une enveloppe bleue dans laquelle se trouve le formulaire de dépistage du cancer colorectal. Ce courrier devient une obsession. Notre anti-héros s'interroge sur ses choix de vie, a la sensation de subir sans rien maitriser, tout l 'ennuie. Il détourne des scènes du quotidien de façon irrésistible. L'humour qui s 'en dégage flirte parfois avec la mélancolie. Bref en ces temps moroses, je ne peux que vous conseiller cette petite pépite pour alléger nos vies "confinées".

(Pêche de Régine RYCKOORT / 10 décembre 2020)

Andrée CHEDID (2000), Le message, Flammarion (159 pages)

Il s’agit d’un livre court mais d’une intensité dramatique impressionnante.
A la manière d’une tragédie grecque, il met en scène peu de personnages, dans quelques lieux d’une ville inconnue en état de guerre. Au début du livre, Marie part retrouver l’amour de sa vie, Stéph, pour lui annoncer qu’elle est d’accord pour poursuivre leur relation, faite de hauts et de bas. Mais dans la rue, une balle l’atteint. Elle s’effondre. Un couple âgé essaie de la sauver et transmettre son message, avec également l’aide d’un militaire, mais y parviendront-ils ?
Découvrez cette puissante dénonciation de la guerre et cette ode à l’amour !

(Pêche de Florence COSTE / 25 avril 2020)

Tracy CHEVALIER (2018), Le nouveau, Phebus (240 pages).

Tracy Chevalier nous avait habitué à de passionnants romans historiques,
riches en recherches, dans des époques et pays variés (Etats Unis, France, Angleterre, Pays-Bas...). Son dernier et court roman nous plonge dans un passé proche, les années 70, dans une école primaire de Washington DC. À la manière d’une pièce de théâtre (elle s’est inspirée librement d’Othello de Shakespeare), les évènements se passent sur une journée, en 5 parties, comme 5 actes. Il s’agit du premier jour d’école pour Osei , un petit garçon noir catapulté au milieu de petits écoliers blancs. L'auteur décortique les sentiments de ces petits protagonistes avec
sensibilité. Un vrai microcosme, transposable dans tellement d’autres contextes. Magistral !

(Pêche de Florence COSTE / avril 2019)

Antoine CHOPLIN (2011), Le héron de Guernica, Les Éditions du Rouergue (157 pages)

Dans ce roman, l’auteur raconte l’histoire de Basilio, jeune peintre autodidacte, qui s’applique à réaliser dans le marais de Guernica son plus beau héron cendré pour attirer les bonnes grâces de sa petite amie. Or en même temps, ce 26 avril 1937, les Messerschmitt de la Légion Condor mettent Guernica en cendres. Quelques semaines plus tard, Basilio apprend qu’à Paris à l’Exposition internationale des arts et des techniques est exposé le chef d’œuvre de Picasso, qui a peint la fureur de la guerre alors qu’il n’en a pas été témoin. Basilio souhaite rencontrer le maître pour lui montrer ses propres peintures. Ce roman poétique, malgré la violence inouïe, touche droit au cœur grâce à une écriture toute en finesse, tel le pinceau de Basilio pris dans l’horreur du massacre de Guernica.

(Pêche de Claude KUFFER / juillet 2019)

Philippe CLAUDEL (2018), L’Archipel du Chien, Éditions Stock (288 pages)

Sur cette île bien tranquille mais mystérieuse de l’archipel du chien, la vieille institutrice retraitée, découvre un matin sur la plage trois corps de migrants. Elle convoque le maire et le curé, puis avec l’instituteur et le docteur, on se concerte quant à la suite à donner. Que faire des corps ?Certes le roman est une parabole des drames migratoires en Méditerranée, mais l’auteur tente surtout d’éclairer le mystère humain, les âmes grises. C’est un roman pessimiste, mais hélas bien réaliste. C’est également un roman policier, avec cadavre, meurtres, enquête et une fin surprenante. Un texte fort et dérangeant.

(Pêche de Claude KUFFER / 25 avril 2020)

Lætitia COLOMBANI (2019), Les victorieuses, Grasset (224 pages)
Ce petit livre est un concentré d’émotions et donc un plaisir de lecture. Nous suivons Solène une avocate parisienne qui après un burn-out se lance dans le bénévolat en devenant écrivain public dans un établissement pour femmes seules : le Palais de la Femme.
Lætitia Colombani nous décrit les destins de femmes attachantes : Binta et sa fille qui ont fui la Guinée et l’excision, Salma la réfugiée afghane, Renée la SDF…
Et en parallèle elle nous raconte la lutte historique de Blanche Peyron et son mari pour implanter l’Armée du Salut en France au début du XXème siècle, leur engagement contre l’exclusion, leurs difficultés pour faire
évoluer les mentalités.

(Pêche de Florence COSTE / juin 2019)

Catherine CUSSET (2018), Vie de David Hockney, Gallimard (192 pages).

Dans ce roman, Catherine Cusset se base certes sur la biographie artistique du peintre, mais elle décrit surtout avec finesse et sensibilité les sentiments, amours, chagrins et crises qui sont à la base de la création et du renouvellement constant de ce grand peintre anglais.
Ce roman donne envie de voir ou revoir les œuvres de cet artiste aux multiples facettes.

(Pêche de Claude KUFFER / avril 2019)


D

Jasmin DARZNIK (2018), L’Oiseau captif, Éditeur Stéphane Marzan (416 pages)

L’histoire vraie de Forough Farrokhzadn, née en 1934 à Téhéran et morte accidentellement à 32 ans. Aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes poétesses iraniennes, elle a payé cher sa liberté.

Petite fille, elle veut vivre comme ses frères. Son père, que tout le monde surnomme le Colonel, est pourtant épris de poésie. Dès l’âge de 11 ans, elle se réfugie dans la lecture et l’écriture. Mariée de force à 15 ans, elle accouche d’un fils qu’elle ne parvient pas à nourrir. 
La suite à découvrir…  dans ce livre que je recommande vivement !

(Pêche de Bénédicte BOST / juin 2019)

Marie DARRIEUSEQ (2019), La mer à l'envers, P.O.L. (256 pages)

Marie Darrieussecq raconte la vie d’une jeune femme Rose qui profite d’une croisière pour prendre du recul dans sa vie. C’est lors d’un sauvetage d’une embarcation de migrants qu’elle va croiser un jeune migrant Younes et sans trop réfléchir, lui donner le téléphone de son fils. C’est par ce téléphone que Younes reprendra contact. Via cette rencontre, on découvre ce que Younes vit en tant que migrant et a vécu lors de son périple éprouvant avant d’arriver en Europe.

C’est l’histoire des hésitations d’une femme : jusqu’où veut-on s’engager et entraîner sa famille pour aider un migrant ? 

(Pêche d'Élisabeth STAHL / 23 juillet 2020)

 Grazia DELEDDA (2020), Le lierre sur l'arbre mort, Cambourakis (295 pages)

  Séduit par la Sardaigne, en 2018, j’en poursuis la découverte par le truchement d’écrivains natifs de cette île : Emilio Lussu, Salvatore Satta et Grazia Deleda, la Sardaigne étant une composante fondamentale de leur personnalité. S’ils ont accompli la majeure partie de leur carrière hors de l’île, leurs écrits regorgent de leur insularité, de la rudesse de cette terre, de la distance physique et politique avec la péninsule. 
Tout comme dans Braises (1904), Le lierre sur l’arbre mort (1908) nous offre une description d’une société où les convenances et la subordination étaient la règle tacite et stricte, où l’église pesait gravement sur les consciences, une société imposant souvent une précarité morale autant que matérielle. Dans ses récits, profondément humains et ruraux, ne manquant ni d’intrigue ni de suspense comme ici avec Le lierre…, Deledda donne à voir les silencieux, les invisibles, les frustrés.      

(Pêche numérique de Jean-Paul PASCAL / 30 janvier 2021)

Régis DEBRAY (2019), Un été avec Paul Valéry, Éditions équateurs parallèles, (175 Pages).

Fidèle lecteur de Régis Debray. Je lis tous les livres qu’il écrit depuis très longtemps.
À la troisième lecture de cet ouvrage constitué de 32 courts chapitres, je suis toujours incapable d’en faire un résumé. Peut-être qu'un poème de Régis Debray rendra compte au mieux de son contenu :

“Les poètes par temps de détresse, chacun
sait qu’on ne les convoque pas. On ne leur
demande rien. Ce sont eux qui viennent à
nous, et qui se mettent à nous chantonner à
l’oreille, sans s’annoncer“.
(Pêche de Jean-Marie PALLEN / août 2019)

Olivia DE LAMBERTERIE (2019), Avec toutes mes sympathies, Le livre de poche (288 pages)

L’auteure, Olivia de Lamberterie est journaliste et critique littéraire française, rédactrice au magazine Elle, responsable du service livres et chroniqueuse à Télématin. Le suicide de son frère Alex, en 2015, l’a poussé à écrire, à son tour. Elle nous offre un premier livre témoignage fort en émotions. Tous les mots sont justes et nous touchent en plein cœur. Des flashbacks parsèment le récit car sa mémoire « joue à saute moutons ». Ils nous interrogent sur les causes du mal être de son frère, les efforts de l’entourage pour aider celui-ci et son sentiment de culpabilité. Elle a obtenu le prix Renaudot Essai en 2018 pour ce livre, « qu’elle n’aurait pas dû écrire » et qui l'a aidé dans cette épreuve. Un livre à partager.

(Pêche de Florence COSTE / Décembre 2019)

DI FULVIO Luca (2018), Les enfants de Venise, Éditions Pocket, (987 pages)

 1515, Mercurio, un jeune garçon orphelin et débrouillard qui vit de petits larcins dans les bas fonds de Rome, doit fuir la ville et part pour Venise. Sur sa route, il rencontre une jeune fille et son père médecin contraints de s’exiler en raison de leur religion. Pour ceux qui aiment l’Histoire et l’aventure, ce livre décrit merveilleusement le côté « obscur » d’une Venise du 16ème siècle, en pleine apogée, avec son ghetto et ses quartiers pauvres.

Malgré le sujet apparemment difficile, le ton est léger, raconte l’espoir, la débrouillardise, le triomphe de l’amour et l’on voudrait pouvoir le lire d’une traite.

(Pêche de Véronique VIGIER / 23 octobre 2020)

   DI LUCA Eri (2020), Impossible, Éditions Gallimard, (171 pages) 

Un homme parti escalader une montagne dans les Dolomites, découvre un corps au fond d’un ravin. Les deux hommes étaient compagnons de lutte révolutionnaire il y a quarante ans. La victime avait dénoncé tous les camarades à la police. Le magistrat d’instruction ne veut croire au hasard, à cette coïncidence impossible, et n’a de cesse de vouloir lui faire avouer le meurtre.
En contrepoint au protocole interrogatoire, les lettres que le détenu envoie à une femme aimée apportent intimité et humanité. La joute verbale entre les deux hommes devient dialogue autour des grands thèmes chers à l’auteur, l’engagement, la fraternité, la trahison, la justice, la montagne. Coupable ou pas coupable ? Le suspense dure jusqu’à la fin.

(Pêche de Juliette PASCAL et Claude KUFFER / 23 octobre 2020)


E

Jean ÉCHENOZ (2020), La vie de Gérard Fulmard, Les Éditions de minuit (240 pages)

Désopilant et jubilatoire le dernier Echenoz. Gerard Fulmard steward licencié pour faute avec obligation de soins est suivi par Jean-François Bardot psychiatre. Il décide d'ouvrir un cabinet de détective privé dans son appartement dont le propriétaire vient d’être occis par la chute d'un fragment de satellite russe. Via son psychiatre il sera recruté par un parti politique pour surveiller la belle fille du président du parti. Ensuite on sourit voire on rit franchement pendant toute la lecture des différentes péripéties. Echenoz manie la langue française avec une habileté diabolique et une efficacité rarement égalée.

(Pêche de Brigitte SEYDEN / Janvier 2020)


F

Elena FERRANTE (2016), L'amie prodigieuse, Gallimard Folio, (429 pages).

L’amie prodigieuse est le premier opus d’une série de 4 romans retraçant la vie et l’amitié de deux fillettes (puis femmes) nées dans un quartier populaire de Naples. Elles se rencontrent très jeunes, s’attirent irrésistiblement malgré leurs traits de caractère très opposés (l’une timide, l’autre frondeuse pour n’en citer qu’un seul) et les chemins différents et inégaux de leurs destins. Ce livre nous fait véritablement entrer dans l’Italie du sud des années 50 et ses quartiers populaires : bruits, cris, odeurs, couleurs, violence… Ce premier tome est suivi de « Le nouveau nom », « celle qui part et celle qui reste » et enfin « l’enfant perdue ».

 

(Pêche de Valérie CANILLAS/ août 2019)

Jérôme FERRARI (2012), Le sermon sur la chute de Rome, Actes sud (208 pages)

Matthieu et Libéro, amis d’enfance, abandonnent leurs études pour reprendre la gérance du bar d'un petit village corse dont ils sont originaires. Ils pensent pouvoir construire un lieu idéal en y insufflant jeunesse et modernité. Les résultats sont prometteurs et permettent de pérenniser l'aventure. Pourtant rapidement, les premiers signes de dégradation des relations s'annoncent. Les divergences se font régulièrement sentir et aboutissent à un final sanglant détruisant les espoirs « du meilleur des mondes possibles » que portait ce bar.

Les protagonistes se verront alors rappeler la leçon de saint Augustin : il n’est pas d’empire qui ne soit mortel. 

 

(Pêche de Valérie CANILLAS / 13 août 2020)

JÉRÔME FERRARI (2017), Le principe, Actes Sud (176 pages).

Ce qui compose la substance du monde n’est pas matériel, et pour la première fois sur un îlot désolé où ne pousse aucune fleur, il vous fut donné de regarder par-dessus l’épaule de Dieu…Une trajectoire humaine ! Non pas, puisque vous veniez nous dire que vitesse et position sont impossibles à préciser en même temps. Des pas de la mécanique quantique, dont vous démontriez le principe d’incertitude, votre génie à tout jamais.

Pour vous, peut-être, il s’agissait de « sauvegarder » un îlot de stabilité… pour la science allemande au sein du IIIème Reich ? D’autres vous précédèrent au-delà de l’océan, cette nouvelle vous sidéra… et le Monde avec vous. Mais tous, physiciens, vous avez commis le péché, un péché trop grand pour vous.

La physique quantique est poésie, le chant du monde, et ce jour-là sur l’île de Helgoland vous avez aperçu le lieu, où il est impossible à l’amour de Dieu de mentir.

(Pêche de Jacques CULLIER / avril 2019)

Lion FEUCHTWANGER (2012), Le Diable en France, Le Livre de Poche (360 pages)

Dans ce récit autobiographique, poignant et palpitant, l’écrivain allemand relate son incarcération et son évasion du Camp des Milles (Aix en Pce). Il dénonce, à travers cela, la politique de Vichy à l’encontre des Juifs, y compris ceux ayant fuit le régime nazi. Il fustige ce « diable de la négligence, de l’inadvertance, du manque de générosité, du conformisme… du je-m’en-foutisme » qu’il a vu et subi dans le camp, si bien incarné par une administration locale aux ordres. C’est peu de dire que Lion, amoureux de la France, patrie des droits de l’homme, a été déçu par ce pays qui servait même de référence outre-Rhin dans l’expression « vivre comme Dieu en France.» Mais le diable n’y vivait (vit) pas mal non plus. 

(Pêche virtuelle de Jean-Paul AYME / 9 mai 2020)

René FRÉGNI (2019), Dernier arrêt avant l'automne, Gallimard (176 pages)

Cette fois ci nous sommes entrainés dans la Haute Provence entre Moustiers-Sainte-Marie et Riez. L’auteur avoue être en quête d’une occupation pour améliorer son frugal ordinaire, quand son ami libraire lui propose une « gâche » : garder et entretenir les ruines d’un vieux monastère perdu dans la montagne. D’accord. Quelle est l’histoire de ce lieu, qui y a vécu, à qui appartient -il ? Mais aussi le silence, la beauté de la nature, les couleurs d’automne et les champignons, le feu dans la cheminée et voilà ce chaton qui s’impose. Arrive une camionnette et son drôle d’artisan, un peu touche à tout et qui bricole dans les lieux « chaque fois que lui tombe un œil ». Aujourd’hui on s’affaire à nettoyer le vieux cimetière qui a été déplacé. Pourquoi ? Le narrateur cherche à lire les inscriptions sur les tombes et remarque une chaussure qui sort de terre. Il cherche à savoir et tire sur la cheville, puis sur la jambe et soudain tout s’arrache. Ah, que faire ?

Quand il en parle aux gendarmes, il devient évidemment le premier témoin et la course commence…

(Pêche de Jean-Louis DAVY / 25 mai 2020)


G

Jean-François GALLETOUT (2019), La chaise, PLAN B Éditions, (195 pages)

Olivier essaie de retrouver Claire et son parcours se complique au fil des pages. Il se pose la question « peut-on tomber amoureux d’un fantasme ? » mais l’amour n’est-il pas pur fantasme ? Olivier est un passionné de livres. Il regarde le monde par-dessus ses lunettes et imprime sur le papier le récit de sa vie entre les lignes. C’est un voyage sur le rapport entre les pensées et la réalité. Mais qu’est-ce qui lui plait le plus ? Défendre une chaise vide ou le sens de cette absence ? C’est un texte dense avec de profondes réflexions sur l’existence humaine.

(Pêche de Gilbert CONIL / septembre 2019)

Romain GARY (1970), Chien blanc, Gallimard Folio (219 pages) 

Ce livre, comme La promesse de l'aube, est un récit vécu.
Le décor en est l'Amérique en proie au problème noir. Mais le propos est bien plus vaste. Il s'agit de l'homme, avec sa bonté et sa bassesse, sa grandeur et sa faiblesse... et aussi, de l'impossibilité de désespérer, envers et contre tout.
À Los Angeles, Romain Gary recueille un chien-loup perdu. Il s'aperçoit bientôt que ce chien, très doux d'ordinaire, attaque tous les Noirs qu'il voit. C'est ce qu'on appelle dans le Sud un «chien blanc», un chien dressé pour faire la chasse aux Noirs. L'animal est pris en charge par un gardien de zoo, un musulman noir fanatique qui va réussir un prodige...
(Pêche de Jean-François GALLETOUT / mai 2019)

Laurent GAUDE (2002), La mort du roi Tsongor, Actes Sud (205 pages)

C’est une histoire en Afrique ancestrale.
Le royaume du Roi Tsongor est vaste: à 20 ans il a parcouru le continent africain avec ses guerriers. Vingt ans après il décide de construire sa cité Massaba. Katabolonga, un prisonnier devient son valet porteur du tabouret en or du Roi. C’est le jour des fiançailles de Samilia, sa fille. Elle est promise à Kouame, un prince. Arrive un deuxième prétendant, Sango Kerim. L’épopée pour le clan Tsongor et les habitants de Massaba sera longue.
On se laisse porter par la description détaillée des traditions, des symboles, de l’ambiance.
Une immersion en Afrique.

(Pêche de Valérie LAURENT / 25 avril 2020)

Yves GAUDIN (2020), En vérité, Éditions Héloïse d’Ormesson (176 pages)

Quel plaisir d’écouter ce roman noir. Non, je ne l’ai pas écouté en version audio, mais le rythme étonnant des phrases et le choix minutieux des mots vous mettent dans une ambiance bien particulière, captivante, sordide. Pas étonnant, puisque l’auteur était musicien, trompettiste professionnel. On retrouve un vieux flic dépressif qui enquête sur trois meurtres quasi identiques dans une affaire de trafic d’organes et de corruption dans un laboratoire de recherche. Toutefois chez lui, en pleine introspection, tout se bouscule dans sa tête jusqu’au non-retour.

Un bref roman, atypique, percutant, impitoyable, mais tout aussi divertissant sur l’amour et la mort.  

(Pêche de Claude KUFFER / 13 juin 2020)

Jean GIONO (1996), L’homme qui plantait des arbres, Édition Gallimard (34 pages)

Jean Giono raconte sa rencontre en 1913, au hasard d’une randonnée dans les Basses Alpes, avec un berger qui l’héberge. Après la soupe, JG est surpris de voir ce berger trier des glands. Il met les bons en tas de 10 puis les jette dans un sac lorsqu’il en a comptés 100. Le lendemain, JG observe le berger qui laisse son troupeau pour monter dans la garrigue avec son sac de glands.

Écrit en 1953, ce livre est un hymne à la nature, frais et écologiste avant l’heure. Le berger, Elzéar Bouffier fait preuve d’altruisme et prépare les générations futures.

(Pêche de Véronique VIGIER / 25 juin 2020)

Faïza GUÈNE (2020), La discrétion, PLON (251 pages)

 Il s’agit de la vie d’une famille d’immigrés et de leurs enfants nés en France, au fil de l’histoire de leur vie. On  passe d’une époque à l’autre, d’un personnage à l’autre.
La mère, déracinée, va connaître le mépris, les paroles blessantes. Néanmoins, elle gardera le sourire et apprendra à ses enfants : « On doit accepter, on est comme leurs invités, on est chez eux ».
Eux, éduqués en France, ne comprennent pas et réagissent en fonction de leur caractère.
Ce livre témoignage nous aide à comprendre la souffrance des personnes entre deux cultures, celle des parents, celle des enfants, celle des enfants face aux parents. C’est aussi une belle leçon d’amour.
(Pêche numérique de Juliette PASCAL / 10 décembre 2020)


H

Anna HOPE (2020), Nos espérances", Gallimard (368 pages)

Quelle joie de plonger dans ce roman et de retrouver l'auteure anglaise du chagrin et de la salle de bal ! Elle a un réel talent pour les portraits de femmes, et pour les interrogations d'une société en mutation. Hannah, Cate et Lissa sont amies et colocataires dans le Londres des années 90, elles sont vivantes, vibrantes, réfléchissent à la vie qui s'annonce et savent pouvoir compter les unes sur les autres dans cet esprit de sororité qui fait les vraies amitiés. Et puis les années passent et à 35/40 ans il est temps de faire un bilan de sa vie, ce qui a été accompli, réussi... que sont les rêves devenus... et chacune avec sa part de regret, de jalousie voit chez les autres ce qu'elle ne semble pas pouvoir/vouloir obtenir. Un roman d'une magnifique humanité qui porte un regard doux sur trois femmes à la fois fragiles et puissantes dans leurs désirs et leurs contradictions, qui explore les facettes de la féminité dans toute sa complexité ! Le roman donne envie qui de sortir du confinement et d'aller embrasser ses amies, mais qui nous permet aussi de nous dire que peu importe le temps passé loin les unes des autres, à la sortie, elles seront toujours là...

(Pêche de Maria FERRAGU / 4 avril 2020)

J.M. HERRE (2021), Le bonheur est au fond du couloir à gauche, Buchet-Chastel (221 pages)

 Ce roman à l’humour caustique se lit comme une BD. Le jeune narrateur Michel H., en référence à l’auteur de "Sérotonine", dépressif, hypocondriaque et paranoïaque, a été largué après trois semaines par sa petite amie Bérénice. Il envisage en premier lieu un suicide exemplaire, mais au risque d’une réincarnation, met le projet de premier de cordée la corde au cou en moratoire. Puis, il se lance, sur la base des livres de développement personnel et feel good de Bérénice, dans la recherche du bonheur, espérant ainsi son retour rapide.
Cette série de gags loufoques et situations absurdes et en même temps pathétiques procure un vrai moment de bonheur, au fond du fauteuil à gauche.
(Pêche de Claude KUFFER / 30 janvier 2021)


J

Héléna JANECZEK (2018), La fille au Leïca, Actes Sud (384 pages)

Helena Janeczek met en lumière Gerda TARO, jeune femme flamboyante, photographe de talent, première femme reporter de guerre et pourtant oubliée, à laquelle Robert CAPA, son compagnon, devra sa célébrité.
Avec un style très riche et subtil, l’auteur présente Gerda à travers le regard de trois de ses amis exilés comme elle à Paris, qui poursuivent leur combat contre le nazisme.
Nous découvrons une femme indépendante et anticonformiste, extrêmement moderne, qui n’a pour seule arme dans sa lutte que son appareil photo.
(Ses clichés et ceux de Robert CAPA constitueront des témoignages importants sur la guerre d’Espagne).
Une ode à l’engagement et à la liberté.

(Pêche de Geneviève DAVY / juin 2019)

Serge JONCOUR (2020), Nature humaine, Flammarion (400 pages)

« Quelle relation pour l’homme et la Nature ? . . . », ce roman est une fresque de la Nature humaine : ses envies, ses rêves, ses sentiments, sa fidélité, ses questionnements . . . ; cette histoire décrit une famille d’agriculteur au sud-ouest (France) durant le dernier quart du XXème Siècle mais, ce thème Homme/Nature reste toujours d’actualité. Coup de projecteur sur la réalité de l’exode rural … et, son bouleversement ; le modernisme, le progrès, au fond n’est peut-être pas toujours un progrès !

« La Nature est là, les arbres attendent » dit l’auteur.

Beau témoignage

(Pêche numérique d'Élisabeth BILLIOQUE / 28 novembre 2020)


K

Mick KITSON (2018), Manuel de survie à l'usage des jeunes filles, Éditions Métaillé (246 pages), disponible en Poche Points

Derrière ce titre bien différent du titre original (Sal), se cache l’histoire d’une fugue, celle de Sal (13 ans) et sa petite sœur Peppa (10 ans). Elles vont s’organiser pour survivre dans une forêt écossaise pour fuir un drame familial. Et inévitablement, on s’attache à ces jeunes héroïnes courageuses issues d’un milieu social défavorisé.
La Nature est un autre personnage primordial, au fil de belles descriptions des Highlands sauvages.
Toutes les personnes à qui j’ai conseillé ce livre l’ont aimé – de 22 à 87 ans – hommes ou femmes. Alors pourquoi pas vous ? 

(Pêche de Florence COSTE / 25 mai 2020)


L

Philippe LANÇON (2020), Le lambeau, Gallimard Folio (509 pages)

Le 7 janvier 2015, Philippe Lançon était en conférence de rédaction dans les locaux de Charlie Hebdo avec les autres journalistes. Il survit mais les balles des tueurs l'ont gravement blessé. Sans chercher à expliquer l'attentat, il décrit une existence qui bascule et livre le récit bouleversant d'une reconstruction lente et enrichissante. Il décrit le lien, à la fois professionnel et intellectuel, qu'il entretien avec sa chirurgienne. Ce lien lui est indispensable pour passer du journaliste qu'il était avant l'attentat à l'écrivain qu'il est devenu aujourd'hui.

Le lambeau nous questionne sur l'irruption de la violence guerrière dans un pays qu'on croyait en paix.

 (Pêche de Noëlle ROCCHI / 13 août 2020)

 

Jean-Marie-Gustave LE CLÉZIO (2020), Chanson bretonne suivi de L'enfant et la guerre, Gallimard (160 pages)

Tant de livres sur soi…Mais trop loin de soi, du plus intime. Essaie d’être le plus personnel possible, car tu es unique ! Exprime à la fois la tristesse et la joie. Viens chercher ce qui pourrait nous faire exprimer cette joie dans les moments les plus terribles de l’humanité. Je pourrai écrire quelques pages peut-être plus, transcrire cette enfance bretonne, d’ailleurs j’ai très peu vécu en Bretagne… mes années d’enfance les plus jeunes et quelques retours les étés, jusqu’à mes dix sept ans… qui ont valu pour toute une vie. Jean-Marie Le Clézio sème les petits cailloux dans ses deux contes, je les reconnais ce sont les miens… Lorsqu’il écrit, sur la ritournelle et le vide de la faim. Lorsqu’il chante aussi cette enfance et nos mots disparus, nous avons dû nous inventer d’autres racines. Alors, ce sonneur isolé, lance son air de biniou éraillé et monotone, face à la mer.

« Alors tout ce qu’on a cru disparu reviendra »

(Pêche de Jacques CULLIER / 13 août 2020)

Hervé LE TELLIER, (2020), L'anomalie, Gallimard (332 pages) 

Le titre résume bien la trame du livre : un avion Paris-New York qui avait atterri une 1ère fois en mars 2021 normalement, atterrit une 2ème fois en juin 2021, avec les mêmes passagers. Des scientifiques et politiciens, dépassés par l’évènement, essayeront de comprendre pourquoi cet avion et ses personnages ont été "dupliqués". 

Au fil des chapitres, l’auteur nous présente une dizaine de passagers venant d’horizons différents qui vont devoir faire face à leur "double". Efficacement, il crée autant d’ambiances : en débutant à la façon d’un film catastrophe, mène une enquête scientifique avec humour mais aussi émotions.  

(Pêche numérique de Florence COSTE / 30 janvier 2021)

Jérémie LEFEBVRE (2019), L'italienne qui ne voulait pas fêter Noël, Buchet-Chastel (258 pages)

Pendant cette période de confinement, on contacte plus souvent sa famille, surtout si elle est loin. On prend peut-être encore plus conscience de son importance.

Bien avant l’actuelle pandémie, c’est le cas pour Francesca, personnage du roman de Jérémie Lefebvre. Cette palermitaine, futée et originale, étudie à la Sorbonne dans le cadre d’Erasmus. Lors d’une soirée entre amis, on philosophe sur son identité sicilienne, les traditions et la famille. Son prof et très bon ami, lui lance alors un défi sur sa prétendue non-appartenance à la famille : rentrer à Palerme pour le 24 décembre et ne pas fêter Noël en famille. Francesca le relève, ne voyant pas de problème avec sa famille athée, de gauche respectueuse de la liberté de chacun. Néanmoins ceci va déclencher une série d’évènements et de petits drames familiaux qu’elle n’avait pas imaginés.

C’est un roman amusant et drôle, parfois corrosif avec des clins d’œil à divers sujets, comme bien évidemment la dérive commerciale des fêtes de Noël et les actions caritatives, mais aussi à l’état de notre planète, politique, choix de vie, développement personnel, etc.

De très agréables moments à passer pendant cette période morose.

(Pêche de Claude KUFFER / 4 avril 2020)

Hugo LINDENBERG (2021), Un jour ce sera vide, Christian Bougeois Éditeur, (172 pages)

Un jeune garçon de dix ans rencontre, durant les vacances d’été, un garçon de son âge, qui représente tout son idéal. Lui, brun, typé, une mère décédée, un père absent, vivant avec sa grand-mère. Le second, Baptiste, des yeux clairs, une famille avec un papa, une maman et une sœur. Derrière cette rencontre et les jeux de vacances, on sent une souffrance du narrateur à la recherche d’une mère.

Ce livre est frais, attachant et émouvant.
Le récit est inédit, bien écrit et décrit l’imaginaire des enfants, le cinéma qu’un enfant peut imaginer sur un évènement, les fausses idées. On se retrouve plongé dans notre propre enfance.
(Pêche de Véronique VIGIER  / 30 janvier 2021)


M

Tiffany McDANIEL (2020), Betty, Gallmeister, coll. Américana (720 pages)

 Betty est la 6ème d'une famille de 8 enfants. Sa mère est blanche (milieu défavorisé) et son père est cherokee. Elle grandit dans l'Ohio sauvage des années 60, dans une Amérique violente et raciste. On voyage à travers la culture cherokee, ses contes et légendes, ses rapports à la nature. C'est un roman d'apprentissage pour un enfant que les épreuves (secrets de famille) rendront plus forte grâce au pouvoir de l'écriture. L’âme humaine décrite comme capable du meilleur comme du pire.

Livre aussi sombre que lumineux, plein de poésie et de lyrisme, une très belle écriture 

Bien difficile à la fin du livre de quitter Betty,  petite guerrière si attachante.

(Pêche numérique de Régine RYCKOORT / 28 novembre 2020)

Thomas MANN (1903 - 1978), Tonio KROGER, Librairie générale française (153 pages)

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Les amours d’adolescent... La beauté, cette vie solaire donnée, assimilée à la liberté donnée aux êtres capables de s’abandonner à leurs instincts sociaux, emportés par la Belezza, Hans et Inge. L’interrogation presque exclusive porte sur soi-même, sur cette œuvre qu’il crée sans se regarder dans la vie, sur la maturité qui vient. Hans et Inge éclairent son regard alors que lui, Tonio, bourgeois, vit dans une douloureuse solitude, celle d’un être d’exception, un art d’une rare perfection. Qu’est-ce que le Beau ? Baudelaire : « Le beau est toujours bizarre ». Étrange en effet, cette harmonie en nous que la beauté sait créer et qui nous souffle l’idée d’un possible accord entre les êtres… Mais ce sentiment sera-t-il partagé ? « La promesse du bonheur partagé » (Stendhal), probablement non tenue. Promesse, cette émotion esthétique, politique, et peut-être même morale.

La création artistique, objet de l’art. Des objets d’art lancés par les artistes purs, seuls capables de tailler des diamants.

(Pêche de Jacques CULLIER / Février 2020)

Katherine MANSFIELD (2020), Le pin, les moineaux, et toi et moi, Éditions du Chemin de fer (288 pages)

Un siècle plus tard, l’œuvre de Katherine Mansfield (1888-1923) - ici un inédit - continue de faire événement telle une lame de fond après la naissance d’un volcan sous-marin, dont la littérature et la langue restent en travail, comme pour cette autre œuvre féminine, celle d’Émily Dickinson. Il semble qu’il y a deux raisons pour cela : d’abord on ne voit presque rien que de minuscule à la surface, rien à écrémer de médiatiquement tapageur ; ensuite, c’est que ces inclassables éludent les catégories "bateau" préexistantes. N’est-ce pas ce qui signe une œuvre d’artiste où vie, recherche et création convergent pour ouvrir une voie/voix singulière et vitale ?

(Pêche de Katherine DESPAX / 25 juin 2020)

Victoria MAS (2019), Le bal des folles, Albin Michel (256 pages)

Le bal des folles était un rituel qui avait lieu à la mi-carême à l’hôpital de la Salpêtrière, à la fin de 19ème siècle. Le temps d’une soirée, les femmes internées étaient déguisées et exhibées devant le Tout-Paris. Victoria Mas nous décrit la préparation de ce bal en suivant la vie de femmes d’origine différentes : une infirmière, une jeune fille de la bourgeoisie, une ancienne prostituée, entres autres. À cette époque-là, nombre de jeunes filles « hors normes » étaient internées de façon abusive par les pères, le plus souvent.
L’auteur réussit des descriptions au style cinématographique, évoquant de beaux travelings.

(Pêche de Florence COSTE / Janvier 2020)

Cyril MASSAROTTO (2020), Les dédicaces, Flammarion (263 pages)

Claire aime les livres, mais uniquement ceux qui ont des dédicaces. Pas n’importe quelles dédicaces : celles contenant un message personnel, qui raconte une histoire. Quand un bouquiniste lui propose un roman avec une dédicace de l’auteur vraiment entreprenante, destiné à une certaine Salomé, Claire va vouloir rencontrer cet écrivain. Alors démarre une "double" relation. à rebondissements.

Alliant humour, sensibilité et suspense, on se laisse emporter dans le milieu de la littérature : les écrivains, les libraires, les éditeurs, les rencontres littéraires… L’auteur nous régale en lançant ses piques sans jamais se prendre au sérieux !  

(Pêche de Florence COSTE / 17 septembre 2020)

 MAUDIGNIER Laurent (2020), Histoires de la nuit, Éditions de minuit, (p. 634)

Un hameau de 3 maisons. La ferme où vivent Bergone, sa femme Marion et leur fille Ida, la maison de Christine, peintre, amie de Bergone et une maison vide. Le jour des 40 ans de Marion arrive un homme qui dit vouloir louer la maison vide. Il est éconduit par Christine mais reviendra plus tard avec ses deux frères dans un objectif bien précis. Laurent Mauvignier nous capture dès les premières pages. Il développe le fil de son récit, installant une atmosphère inquiétante mais prenante. Son écriture d'une précision millimétrée nous emporte au fil du drame qui se noue. Magistral

(Pêche de Brigitte SEYDEN / 23 octobre 2020)

Francesca MELANDRI (2019), Tous, sauf moi, Gallimard, Coll. Du monde entier (576 pages)

C’est le troisième livre de cette jeune auteure italienne, que le Passeur de l’Isle nous a présenté il y a quelques années. C’est avec impatience que j’attendais une nouvelle œuvre de Francesca Melandri, tellement son écriture est vive, fluide, ses personnages saisis en quelques phrases, et les histoires qu’elle nous fait découvrir passionnantes. Elle poursuit dans ce dernier opus la recherche sur l’histoire de son pays et les retombées sur l’Italie actuelle : après le Haut Adige, les Brigades rouges, c’est maintenant la conquête de l’Abyssinie par les chemises noires de Mussolini de 1936 à 1941.

On s’instruit et on se régale !

(Pêche de Claudine DUBLOIS / 25 juin 2020)

Pierre MENARD (2020), Les infréquentables frères Goncourt, Tallendier (413 pages)

Titre énigmatique accolé au prestigieux prix littéraire. C ’est que ces frères, qui n’en faisaient qu’un, ayant une approche de la vie tout à fait singulière et des traits de caractères détestables : misogynes, méprisants, médisants, aigris, détestant leur siècle, se sont servis de leurs rencontres avec le Tout Paris pour rédiger en cachette un journal intime n’épargnant personne. Même pas leurs amis, surtout pas leurs amis. Ils y consignaient sans aucune pitié tous les ragots, les colportages, les bons mots-méchants, les indiscrétions, les descriptions physiques et morales tout à fait négatives et préjudiciables. Cependant leur vie très riche ne se résume pas à ce seul journal qui a fait leur mauvaise réputation : paradoxalement ils ont inauguré un style littéraire révélant la misère des « petites gens » et l’aîné des 2, Edmond, le survivant, le veuf de son frère, devenu enfin riche, célèbre et même adulé, a légué sa fortune pour la création de ce prix dédié aux écrivains pauvres.

(Pêche de Claudine DUBLOIS / 25 mai 2020)

Maria MESSINA (2020 ), La maison dans l’impasse, Éditions Cambourakis (144 pages)

Maria Messina met en scène un quotidien pirandellien d’enfermement invisible confinant à la fuite ou la folie, dans un milieu petit bourgeois obsédé par l’apparence, la réputation et la dignité. Se dévoile, en des situations d’une extrême actualité, ce drame intime du grand écart entre confinement à huis clos, et une surface sociale d’arrangements avec l’avidité, la soif d’enrichissement, une collusion entre bonne conscience et cruauté, corruption et rigorisme moral, dans la honte et la crainte permanente du rejet social et la tyrannie des apparences, au prix de vies silencieusement flétries ou brisées nourrissant passions, rancœurs, mensonges et haines insoupçonnées lentement accumulées au sein d’alliances, de familles et de maisonnées menant, dans une construction implacable, jusqu’au drame imprévu mais inévitable.

(Pêche de Katherine DESPAX / 23 juillet 2020)

Pierre MICHON (2009), Les onze, Gallimard Folio, (132 pages)

Monsieur Pierre Michon votre littérature travaille avec le texte historien, le décentre, le manipule. Un document ne dit pas toute l’histoire. Les lacunes de l’histoire donnent un rôle à l’écriture, inventer, supposer, imaginer, celui peut-être d’emplir les creux ? Moi lecteur, hypocrite lecteur, j’aime à jouer le jeu avec un tel auteur qui a plus d’un tour dans sa plume.
Voilà comment un leurre lancé à notre imagination, toujours prompte à enfourcher quelque cheval romanesque, nous harponne au quai des lecteurs. Comment dire l’histoire, mot au double sens, scientifique et fictif, hors de l’auto-fiction ? Peint par François Élie Corentin, un chef d’œuvre enfin au Louvre et la foule des parisiens qui s’y précipite…

(Pêche de Jacques CULLIER / mai 2019)

Akira MISUBAYASHI (2019), Âme brisée, Gallimard (256 pages)

Pour qui aime la musique, Âme brisée D'Akira Misubayashi ne peut que résonner au plus profond de l’âme. Japon 1938, 4 amateurs passionnés répètent un après-midi le premier mouvement du quatuor Rosamunde de Schubert. Yu est japonais, les 3 autres sont des étudiants chinois. Rei 11 ans, fils de Yu, assiste à la répétition. Arrivent des soldats qui les arrêtent et brisent le violon de Yu. Rei caché dans le placard reste seul. Vient alors le lieutenant Kurokami qui trouve le garçon et lui donne le violon de son père. Rei devenu adulte sera luthier et consacrera sa vie à réparer ce violon jusqu'à une rencontre....Émouvant, plein de sensibilité un moment de grâce.

(Pêche de Brigitte SEYDEN / novembre 2019)

Patrick MODIANO (2019), Encre sympathique, Gallimard (144 pages)

Sables mouvants, encre de chine… Encre sympathique « Encre qui est incolore quand on l’emploie, noircit à l’action d’une substance déterminée ». Autant d’inconnus…À la recherche de…

Une plongée dans l’oubli et l’incertitude ou comment on tire sur une ficelle à remonter une mémoire introuvable, composée de fragments indéfinis. Modiano compose et décompose à loisir « Si j’avais su ». Le roman joue sur un espoir probable et probablement vain. Dans ce dédale, une mélancolie semble éternelle.

‘’Demain ce serait elle qui parlerait la première. Elle lui expliquerait tout’’.

Enfants, nous avons tous avec la plume trempée dans un jus de citron, et à la flamme d’une bougie, fait apparaître nos mots…Ceux que nous croyions secrets… Et qui disparurent dans les méandres du fleuve oubli.

« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. » René Char

(Pêche de Jacques CULLIER / Décembre 2019)

Leon MORELL (2015), Le ciel de la chapelle Sixtine, Pocket Best (624 pages)

A travers les yeux d ‘Aurelio, nous voilà en Italie en 1495, 1506, ce jeune homme décide de quitter sa famille installée à la campagne pour aller à Rome à la rencontre du Grand Miche Ange : son rêve est de devenir sculpteur, en travaillant pour ce Grand Sculpteur. Michel Ange, artiste renommé a été choisi par le Pape pour décorer la voute de la Chapelle Sixtine ! Ce roman est une intéressante description de la vie de Rome à cette époque (début du XVIème) ainsi qu’une magnifique description du génie de ce très grand artiste de la Renaissance Italienne. À la lecture de ce texte , nous avons l’impression de côtoyer ces très grands personnages de l’histoire, tant ce pape volontaire et autoritaire que la famille de l’artiste (qui ne le laisse pas en repos !) mais aussi de partager cette part de génie qu’a mis l’artiste à notre regard et à notre compréhension : comment s’exprime son talent au travers de connaissances bibliques pointues.

Cette lecture devrait vous procurer de fabuleux moments retraçant cette histoire un peu romancée, dans cette période de grandes et de belles créations. Vous verrez alors la chapelle sixtine avec un regard différent.

(Pêche d'Élisabeth BILLIOQUE / Février 2020)

Michel MOUTOT (2018), Séquoias, Seuil (496 pages)

Voici l'histoire de 3 frères, fils de baleinier poussés à participer à la conquête de l'or. Après la découverte de la vie de chasseurs de baleine, on les suit dans un long voyage de New York à San Francisco en passant par le cap Horn. A leur arrivée, un des frères est happé par la ruée vers l'or et l'autre reste à San Francisco en pariant sur le potentiel des séquoias géants pour devenir riche. Ce livre nous permet un beau voyage au milieu du XIX siècle. Nous découvrons, entre autres, une description tellement détaillée et vivante de la construction de San Francisco.

(Pêche d’Élisabeth STAHL / 25 avril 2020)

Haruki MURAKAMI (2019), Le meurtre du commandeur (tome 1), 10/18 (552 pages)

Comme toujours chez Haruki Murakami, l'histoire oscille entre réel et songe. Je dirais presque une fiction à la japonaise. Un jeune peintre portraitiste apprend un soir que sa femme veut se séparer de lui. Sonné il quitte leur appartement et part en voiture faire un voyage de plusieurs mois. À son retour, un ami lui propose de loger dans la maison de son père, peintre célèbre, hospitalisé car en fin de vie. Dans cette région isolée et montagneuse, il fera des rencontres réelles ou oniriques qui changeront sa vie. Murakami, en plus de l’intérêt que suscite son histoire, a l'art de d'écrire les petits moments du quotidien sans jamais lasser, avec une poésie qui me fascine toujours plus de livre en livre.

(Pêche de Brigitte SEYDEN / 4 avril 2020)


O

Christian OSTER (2016), Le cœur du problème, L'Olivier (192 pages)

Simon rentre un soir chez lui et découvre un cadavre d'homme dans son salon. Sa femme est dans son bain et lui dit avoir poussé l'homme du haut de la mezzanine. Puis elle part sans plus donner de nouvelles, confiant à Simon le soin de gérer le mort. S'en suivront des situations ou Simon sera en permanence "entre deux chaises" et deux choix. Christian Oster est un écrivain de l'absurde et de la difficulté d’être et ce roman en est un parfait exemple.

(Pêche de Brigitte SEYDEN / 25 avril 2020)

Delia OWENS (2020), Là où chantent les écrevisses, Éditions du Seuil (476 pages)

Kya ,6 ans, vit en Caroline du nord dans le marais. Elle est successivement abandonnée par tous les membres de sa famille qui fuient le père alcoolique et brutal. Sa rencontre avec Tate, adolescent doux et sensible, lui ouvrira les portes du savoir. Mais lui aussi l'abandonnera pour partir à l'université. Son besoin de lutter contre la solitude l'entrainera vers une rencontre malheureuse.

Histoire de résilience et hymne à la nature servis par une écriture riche et poétique qui nous transporte dans un monde cruel sauvage et luxuriant.

(Pêche de Brigitte SEYDEN / 13 août 2020)


P

Mathieu PALAIN (2019), Sale gosse, L’iconoclaste (352 pages)

Le sale gosse c’est Wilfried. Sa mère, Louise, une jeune toxicomane, en perd la garde alors qu’il n’a que 8 mois. Ce petit métis, sans père, est alors mis en famille d’accueil où il trouve de la stabilité et se développe grâce au sport, mais seulement pour un temps.
Mathieu Palain, dans ce premier roman, nous décrit aussi avec justesse le travail social de Nina qui se démène pour aider Wilfried et d’autres éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse.
Jusqu’à la dernière page, on s’attache au parcours chaotique de Wilfried, espérant pour lui un avenir lui permettant de sortir de la spirale de la violence, de son milieu d’origine.

(Pêche de Florence COSTE/ août 2019)

Orham PAMUK (2020), La femme aux cheveux roux, Gallimard, coll. Folio (352 pages)

Le jeune lycéen Cem sera en cet été 1985 l’apprenti du maître puisatier Mahmut afin de gagner un peu d’argent pour financer ses études. À Ongeren, petite bourgade dans la banlieue proche d’Istanbul, Maître Mahmut est chargé par un riche bey de trouver de l’eau sur un plateau vierge où il veut installer une blanchisserie industrielle. La tâche s’avère ardue même pour un maître aussi talentueux. Ce métier si harassant et terrifiant est entouré de prestige et de grand respect car l’eau subordonne la vie. La chaleur écrase le plateau, éprouve les corps et les âmes, mais il faut continuer malgré les risques d’accident. Heureusement, pour tromper l’ennui des soirées avec Maître Mahmut, Il y a le village à côté avec un chapiteau de théâtre itinérant. La comédienne aux cheveux roux y fait pleurer les spectateurs en leur narrant la légende de Sohrab tiré du livre des Rois. La femme aux cheveux roux fascine Cem. Ces quelques jours passés à Ongeren vont sceller son destin.

 (Pêche de Claudine DUBLOIS / 30 janvier 2021)

Anne PAULY (2019), Avant que je n’oublie, Éditions Verdier (137 pages)

Premier roman, roman familial, l'auteur décrit la perte d'un père, le deuil avec de la révolte, du désespoir, et surtout beaucoup de justesse, d'authenticité et d'humour. Récit intimiste mais universel, c'est à travers mille détails absurdes, drôles et tragiques que l'on devine les secrets touchants d'un homme. Ce père violent, alcoolique, foutraque mais tellement attachant.
Comment écrire sur un tel personnage ? Toutes les vies ne méritent-elles pas d 'être racontées ? De quoi hérite-t-on ?
" Les morts vont vite et le chagrin a besoin de lenteur"

(Pêche de Régine RYCKOORT / 13 août 2020)

Marc PAUTREL (2019) L'éternel printemps, Gallimard (128 pages)

Marc Pautrel nous raconte la rencontre d’un auteur-écrivain érudit avec une libraire de vieux livres, intelligente, terriblement attirante, solitaire, âgée de dix ans de plus que lui.

De promenades en déjeuners, ils apprécient échanger sur tout, sur rien, sur les livres, l’écriture, les généralités, leur intimité. Ils comprennent qu’ils sont amoureux, amoureux d’un amour platonique, d’un amour impossible. C’est un roman poétique, optimiste, positif, mettant l’accent sur l’acceptation de l’autre dans ses différences et complexité.

Un bijou, une friandise pour ces jours de fêtes.

(Pêche de Claude KUFFER / Décembre 2019)

Laurent PETITMANGIN (2020), Ce qu’il faut de nuit, Édition La manufacture des livres (188 pages)

Ce premier roman de Laurent Petitmangin est bouleversant, percutant, en fin de compte il vous prend à la gorge. Après le décès de la « moman” suite à un cancer, le père se retrouve seul pour élever ses deux fils. Il travaille à la SNCF, milite paisiblement pour le PS dans une Lorraine sinistrée. Il fait de son mieux pour permettre à Fus de faire du football et à Guillou de suivre des études supérieures. Mais tout bascule lorsque Fus a rejoint un groupe de jeunes du FN pour coller des affiches.
Un roman court et intense, pudique et tragique.

(Pêche de Claude KUFFER / 17 septembre 2020)

Émilie PINE (2019), Notes à usage personnel, Delcourt (284 pages)

Le livre d’Emilie Pine a été l’événement littéraire de 2018 en Irlande. Un premier livre, qui suite à un formidable bouche à oreille, est devenu un best-seller et a été élu meilleur livre de l’année. Dans ces Notes à usage personnel, l’auteur livre avec une grande sincérité six confidences sur sa vie de femme dans une Irlande pleine de tabous et de non-dits. Elle parle de ses combats, ses failles intimes, ses colères et de ses renoncements.
C’est un récit fort, honnête, courageux, poignant d’un écrivain qui a « peur d’être cette femme qui dérange, et peur de ne pas déranger assez ».

(Pêche de Claude KUFFER / Janvier 2020)

Mazarine PINGEOT (2019), Se taire, Éditions Juillard, (288 pages).

Dans ce roman, nous suivons Mathilde, fille de 20 ans de très bonne famille, grand-père académicien, père grand chanteur français. Elle veut se lancer en tant que photographe. Vu son patronyme, elle est missionnée pour photographier un homme politique influent et respecté, prix Nobel de la paix. Celui-ci la reçoit chez lui et ... la viole ! Mathilde en parle à sa famille qui l’invite à se taire. Malgré tout l’affaire éclate quelques années plus tard.

Ce livre au style sobre se lit comme un polar et en même temps on retrouve les difficultés de la femme violée et surtout le poids du silence qui lui imposé par l’entourage. Le poids du silence qu’a sans doute bien connu l’auteure.

(Pêche de Claude KUFFER / septembre 2019)

Joseph PONTHUS (2019), À la ligne, Feuillets d'usine, Table Ronde (266 pages)

1er roman qui nous plonge dans le quotidien d'un ouvrier intérimaire, son univers une conserverie de poisson "haro sur le bulot" et un abattoir breton. Un texte sans ponctuation qui décrit précisément le travail à la chaîne... pardon le travail à la ligne... le bruit, la fatigue, l'absurdité des tâches, les odeurs, la grande précarité du statut d'intérim mais aussi la fraternité, la solidarité.  Alors pour ne pas sombrer dans un quotidien mortifère l'auteur convoque Trenet, Apollinaire, Hugo ou Cendrars. À noter que ce n'est pas l'aventure d'un intellectuel qui s'essaie à l'usine, mais quelqu'un qui par amour n'a pas eu d'autres choix. Bref souvent bouleversant, drôle, atypique et indispensable.

(Pêche de Régine RYCKOORT / Janvier 2020)

Richard POWERS (2015), L'arbre monde, Cherche Midi Éditeur, 738 pages.
L'auteur nous entraîne dans ce roman à une réflexion sur notre condition humaine et réussit une prouesse d’écriture. Parcourant le destin de neuf personnages créés autour d’une Botaniste, émergent des questions-réflexions disséminées tout au long de la lecture dans un style alerte au vocabulaire précis. Cette fresque orchestrée, avec des dominantes verte / noire / blanche est un roman époustouflant, rempli de nos saveurs humaines, douces et/ou amères qui ne s’inscrivent qu’avec la Nature. A la lecture, notre émerveillement se transforme parfois en hurlement grinçant.

(Pêche d'Élisabeth BILLIOQUE / septembre 2019)


Q

Pascal QUIGNARD (2014), Sur l'image qui manque à nos jours, Arléa (63 pages)

Trop d’images ? Est-ce que cette avalanche ne devrait pas nous questionner sur Quelles images ? Car l’image du trop tue le réel ! C’est pourquoi, à l’appui d’une peinture rupestre ou d’œuvres Antiques, l’auteur décrit l’image dans l’image, l’instant d’avant. Le moment qui précède l’action où la beauté se tient résolument en réserve du visible, en amont... cela permet d’entrer dans le futur de son passé avec les possibles. Et pour mieux comprendre l’image qui manque à nos jours, l’auteur a cette formule : « L’image voit ce qui manque, le mot nomme ce qui fût. »

(Pêche virtuelle de Gilbert CONIL / 9 mai 2020)


R

Pierre RAUFAST (2018), Habemus piratam, Alma éditeur (219 pages)

Quel régal, cette confession d’un pirate informatique au curé d’un paisible village du Cantal sur la base des dix commandements de la bible.
Ce livre drôle, plein d’humour et de suspens, bien documenté, nous propose un cocktail d’anecdotes sur les "joyeuses" manipulations de la toile, anecdotes se basant en grande partie sur des faits réels ou qui vont vraisemblablement se réaliser  dans un proche avenir.
L’auteur nous fait sourire et en même temps réfléchir sur notre propre comportement face aux objets connectés et aux données que nous confions volontairement aux géants du numérique.

(Pêche de Claude KUFFER / juin 2019)

Pascale ROZE (2020), La belle Hélène, Éditions Stock (178 pages)

Pascale Roze, lauréate du Goncourt avec le Chasseur zéro en 1996, revient avec un roman marqué par une séduisante volonté de vivre. Hélène, la soixantaine, n’a pas été épargnée par la vie, divorce puis décès de son second mari après deux années de lente maladie, vit seule, n’a pas "refait sa vie". Elle anime un atelier de littérature pour les étudiants de Sciences Po. Elle leur demande d’analyser chaque semaine une nouvelle. On retrouve Brautigan, Buzzati, Weil, Tchekhov, Reza, … Hélène parle surtout du rôle révélateur que la littérature peut avoir sur nos vies et on découvre une enseignante sensible relevant un nouveau défi : construire un avenir souriant. Un beau roman, pétillant, parfois mélancolique, mais touchant au cœur.

(Pêche de Claude KUFFER / 25 mai 2020)


S

Nora SANDOR (2019), Licorne, Gallimard, (212 pages).
Il faut quand même un sacré culot pour dédier son premier roman « à celles qui ne sont rien ». Nora Sandor s’adresse aux soi disant influenceuses et influenceurs des réseaux sociaux, qui, selon la phrase de Madame Bovary « se réveille(nt) en d’autres rêves ». 
Dans cette satire caustique, on suit Maëla, une bretonne de vingt ans, s’ennuyant fermement en licence de lettres. Elle cherche à combler son manque d’amour et son vide intérieur dans le monde virtuel des images d’Instragram, YouTube, et autres. Elle essaie avec des initiatives des plus ridicules d’accumuler les like et les followers, pour devenir, enfin quelqu’un. Pour finir de tomber au plus bas et n’être plus personne. 
Licorne est une critique sarcastique mais pertinente de notre société ultra-connectée et des influenceurs addictifs aux réseaux sociaux. A lire même si on n’a pas de profil instagrammable et des milliers de followers.

(Pêche de Claude KUFFER / août 2019)

Eric-Emmanuel SCHIMTT, (2002), Oscar et la dame rose, Albin Michel (100 pages) 

Eric-Emmanuel Schmitt est un artiste "touche à tout" : dramaturge, romancier, réalisateur et comédien. Et il est surtout doué pour nous toucher, droit au cœur.

Dans ce court roman épistolaire il met en scène Oscar, 10 ans qui vit à l’hôpital, atteint d’un cancer. La dame rose, est sa « visiteuse » qui lui propose d’écrire à Dieu en échange de courage, par exemple.

Ce sujet qui pourrait être triste est traité avec subtilité et même humour. Il nous propose une réflexion sur notre relation avec la souffrance et la mort mais tournée vers la Vie.

(Pêche numérique de Florence COSTE / 10 décembre 2020)

Luis SEPULVEDA (1999), Le vieux qui lisait des romans d’amour, Seuil, coll. Points (121 Pages)

Ce récit nous emmène en Amazonie ; il montre avec subtilité l’intuition et le savoir particulier d’Antonio : il sait chasser le fauve ; en regard de l’inadaptation de certains « visiteurs » de la forêt équatoriale où, en face à face quotidien avec une nature hostile, tout homme doit savoir . . .

Antonio aime les romans d’amour : qu’est-ce donc "un baiser ardent" dans une gondole ?

La cruauté de l’environnement naturel et humain entraîne les hommes et Antonio dans un combat dont l’issue peut être tragique.

Splendide écriture avec poésie. Lecture passionnante. Extraordinaire leçon de vie.

(Pêche d'Élisabeth BILLIOQUE / 25 juin 2020)

Ingrid SEYMAN (août 2019) La petite conformiste, Éditeur Philippe Rey (188 pages)

Ce premier roman d’Ingrid Seyman m’a bien agréablement surpris. Il m’a fait sourire, rire et en même temps réfléchir.

L’auteure raconte l’histoire d’une petite fille, Esther, qui se débat entre ses soixante-huitards de parents complètement déjantés et son envie de logique, de règles, de normalité. Avec une mère, athée, secrétaire de mairie anticapitaliste qui ne jure que par Mai 68, et un père, pied-noir, juif par intermittence, travaillant dans une banque et angoissé par un futur holocauste, tous les deux adeptes du naturisme, vivant à poil chez eux. Se rajoute un peu plus tard un petit frère cadet, pâle, fragile et hyperactif.    

La vie d’Esther bascule, lorsque les parents anti-autoritaires, dépassés par les évènements, décident de scolariser les enfants chez l’ennemi, une école catholique située dans le quartier le plus bourgeois de Marseille.

Cette chronique douce-amère, bouleversante d’une famille excentrique mériterait une suite avec l’adolescence de la sympathique Esther.

(Pêche de Claude KUFFER / novembre 2019)

Sébastien SPITZER (2019), Le coeur battant du monde, Albin Michel (448 pages)

En 1851, l’exposition universelle bat son plein à Londres. L’auteur dépeint la vie de Charlotte, une jeune irlandaise qui a fui son pays et la famine avec son amour de jeunesse Evans. À plusieurs reprises, elle va croiser le destin d’Engels, l’ami de Karl Marx.

Dans ce roman historique, Sébastien Spitzer nous décrit la société britannique au temps de la reine Victoria : la pauvreté des ouvriers, le début de l’ère industrielle. Et on découvre le contexte de l’écriture du livre de Marx : Le Capital.

Un livre riche de ses recherches, qui apportent une authenticité à son ambiance et ses descriptions.

(Pêche de Florence COSTE / octobre 2019)

Gary SHTEYNGART (2020), Lake success, Éditions de l’Olivier (381 pages)

Ce livre raconte un moment déterminant de la vie de Barry Cohen, pour lui tout dérape: vie sentimentale, vie de père, et surtout

son CHER fonds spéculatif. Seule solution la fuite ! il quitte New York, SA ville en embarquant à bord d’un car Greyhound pour un long et difficile voyage direction le Nouveau-Mexique.

Nous découvrons en sa compagnie l’Amérique des pauvres et des déclassés au moment où Donald Trump va peut-être devenir LEUR président. L’humour affûté et très satirique de l’auteur fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde au cours de cet improbable voyage !

(Pêche de Claudine DUBLOIS / 23 juillet 2020)


T

 

Antonio TABUCCHI (2010), Pereira prétend, Gallimard Folio (213 pages)

Avec "Pereira prétend", Antonio Tabucchi nous relate à la 3° personne le réveil d’un homme, Péreira, journaliste culturel au Lisboa, au  Portugal sous la dictature de Salazar. Écrit comme une chronique, ce livre nous entraine dans le chemin de cet homme obsédé par la mort, ce qui lui évite de se confronter au présent et qui, au fil des rencontres, va accepter la pleine conscience du présent et sa capacité à y agir. Un écrit captivant et une grande richesse des mots et du récit de l’acceptation de notre capacité de vivre pleinement avec les autres la vie que l’on veut. Traduit de l’Italien, pays d’origine de Tabuccchi, ce livre est un de ses plus beaux romans.

(Pêche d'Éric GUILLAUMIN / 23 juillet 2020)

Donna TARTT (2020), Le maître des illusions, Pocket (789 pages)

Tout instinct humain qui soit veut à la fois la conservation de l’individu et la reproduction de l’espèce. En fait la guerre civile de tous les instincts. Six étudiants, un tuteur enseignant, une faculté de la Nlle Angeterre, à la fin du siècle dernier, l’enseignement anachronique du grec ancien dans le culte de Dyonisos. Est- cela, que nous découvrons dès la première ligne du récit de l’un des protagonistes du groupe ? Le chemin qui mène au beau est jalonné par le duel apollonien et dyonisien. « les choses terribles, sanglantes sont parfois les plus belles… », le ton est donné. Voici que cette jeunesse arrogante n’est pas en mesure de savoir ce que sont les grecs anciens. De même ELLE ignore si ELLE est apte à les connaître. Et Dyonisos qui peut faire pousser une vigne sur le pont d’un navire, va une fois de plus piper les dés. Puisqu’il est en mesure de faire voir à ses disciples le monde tel qu’il n’est pas. Et nous, de suivre Platon : 

« Viens donc, passons une heure à nous dire des contes et notre récit sera l’éducation de nos héros… »
(Pêche numérique de Jacques CULLIER / 28 novembre 2020)

 

Karine TUIL, (2019), Les choses humaines, Gallimard (352 pages)

À l’inverse, un «roman puissant» en effet, multi-dimensionnel, documenté, plus réaliste et vrai que nature, une fable philosophique contemporaine dont l’implacable théâtre met en perspective les mentalités des protagonistes autour de l’irréconciliable différence de vécu —viol, ou consentement?— qui les traverse. Retournements de situation et tension dramatique convoquent le lecteur à la nécessité de prendre part aux questions essentielles d’une violence traversant notre humanité au même titre que la barbarie ou la guerre. Le roman apporte une profondeur de champ plus percutante qu’un récit singulier à ces complexités et nos contradictions dont l’enjeu, citant Gisèle Halimi, n’est pas esquivé.

(Pêche de Katherine DESPAX  / 30 janvier 2021)


W

Colson WHITEHEAD (2020), Nickel Boys, Éditions Albin Michel, (258 pages)

Dans les années 1960, Elwood, un jeune adolescent noir est élevé pauvrement par sa grand-mère dans une Floride ségrégationniste. Studieux, il s’apprête à intégrer une université quand il est arrêté par erreur. Il est « incarcéré » à Nickel, une école disciplinaire. On va découvrir une vie quotidienne faite de violences et même de mort pour certains, mais heureusement aussi, d’amitié. Inspiré de faits réels, l’auteur a fait un beau travail d’historien, avec, en fil rouge, des paroles de Martin Luther King. Tout en nous faisant mieux comprendre cette époque, ce livre fait écho aux problèmes toujours actuels de racisme.  

(Pêche de Florence COSTE / 23 octobre 2020)

Joe WILKINS, (2020), Ces montagnes à jamais, Éditions Gallmeister (320 pages)

Ce roman américain, entre roman social et roman noir, nous transporte dans le Montana, état sauvage de l’Ouest. Dans les montagnes rocheuses, Wendell, jeune ouvrier agricole doit recueillir son petit cousin muet et ayant un retard mental.
D’autre part, Gillian, qui est sa professeure, se bat pour maintenir ses élèves dans le système éducatif quand leurs parents préfèrent qu’ils prennent leur relève dans cet environnement rural. Un monde où « Il y a des distances infranchissables ».
L’auteur rend attachant ses personnages. Leurs relations se révèlent plus complexes qu’il ne paraît, comme dans nos relations quotidiennes. Méfions-nous des préjugés !

(Pêche de Florence COSTE / 23 juillet 2020)


Z

 Ali ZAMIR (2019), Dérangé que je suis, Le Tripode (192 pages)

J'ai été le chercher et je l'ai aimé pour son style particulier, sa langue française fleurie et humoristique, pleine de vieux mots ou expressions inusitées, voire inventées ou dérivées.... propre à ce jeune auteur comorien remarqué (déjà des prix en 3 ouvrages), et le fait qu'il parle de la vie difficile et cruelle de petites gens (loin de nos nombreux portraits de bourgeois français) ...

Il en parle avec "gaieté, crudité, invention", c'est ce qui frappe et qui m'a plu. En outre il est court, se lit plutôt facilement et vite....

(Pêche de Catherine SANDJIAN / octobre 2019)