Pêche du 27 mars 2021

Lorsque Chantal a présenté l'ouvrage d'Avi LOEB sur l'objet lumineux qui a traversé le système solaire, nous avons cru à de la science fiction. Mais il s'agissait d'un signe de vie intelligente extraterrestre. Dans la situation actuelle, ce ne pouvait être qu'une bonne nouvelle pour éclairer l'opacité ambiante....

Car la situation ressemble à l'univers d'un thriller tel que Florence le décrit dans Ces orages-là de Sandrine Collette, à la différence que nous ne sommes pas sortis du tout d'une situation toxique. Nous sommes enfermés dans notre quotidien à l'image des paysans de Giono dans Un roi sans divertissement que Claudine nous fait partager en se glissant avec humour entre la noirceur de l'auteur et nous, qui sommes sous la menace de l'ennui... Giono dépeint les arbres comme des êtres vivants et sages. Est-ce au point de l'anthropologue Maurice Godelier qui rapporte la question rituelle posée par les Baruya de Nouvelle-Guinée à un membre d'une autre tribu de passage ? Gilbert en rapporte la formulation dans Communauté, société, culture, Trois clés pour comprendre les identités en conflit : "À quel arbre appartiens-tu ?" Certainement que Baudelaire n'était pas du tout dans cet état d'esprit, quant à deux voix Véronique et Brigitte se complètent pour traduire l'antipathie que leur inspire ce poète. L'auteur de cette biographie a toutefois le mérite de faire découvrir ou redécouvrir son œuvre. Au dernier mot de Baudelaire, qui ressasse Crénom comme l'Albatros de son poème éponyme que ses ailes de géant empêchent de parler, abominable personnage, exilé sur le sol il hante la tempête. Claude aurait pu avec Lulu tout simplement le faire rire de l'archer en lui trouvant cette "quereur de pardons" pour l'accompagner de surprise en surprise. Nous en sommes là, d'un point de vue sanitaire et de notre démocratie, à rester empêtrés gauches et veules, nous naguère si beaux, à rêver de retrouver vite nos allures de voyageurs ailés et produire des signes d'intelligence.

En avril il pourrait être beaucoup question du sens de la vie, quand Jacques trépigne avec Les nœuds de vie de Julien Gracq, Jean-Paul est dans la salle d'attente avec 3 jours dans le vie de Césanne (Mika Biermann) et Katherine dans les starting-blocks de L'odre du temps de Carlo Rovelli.